Lever à 8h puis départ en bus vers le fronton pour embarquer à bord bu bateau qui va nous emmener jusqu’à l’île d’Alcatraz. Cette île mystique a souvent déchainé l’imagination des américains (et des autres aussi d’ailleurs). Toutes sortes d’histoires ont été racontées à son sujet. Mais quelle est la réalité ?
Arrivés sur l’île, le ton est donné lors de la projection d’un film qui explique l’histoire de l’île, histoire extrêmement plus complexe que nous le pensions. Dans l’imagination collective, Alcatraz est une île sur laquelle un pénitencier dont il est totalement impossible de s’échapper est construit. Mais pas seulement.
A l’origine, Alcatraz était un fort construit par l’armée américaine pour protéger la baie de San Francisco d’éventuelles attaques extérieures. Quelques années plus tard, le fort, de part son isolement, a servi de prison militaire. En 1934, Alcatraz a connu de grands changements suite à la décision d’en faire une prison fédérale de sécurité maximale. Les prisonniers étaient des personnes qui posaient des problèmes dans d’autres prisons ou qui avaient tendance à s’évader. Parmi eux, un certain Al Capone (qui a été suivi médicalement pour cause de syphilis). Par la suite, la prison a été fermée ; elle coûtait trop cher (entretien, approvisionnement, …). Quelques années après, ce sont les indiens qui ont pris possession des lieux pendant 19 mois pour manifester contre les abus de l’état à leur égard : des lois visant à anéantir leur culture avaient été promulguées.
La visite des lieux est extrêmement instructive et les informations recueillies sont étonnantes. D’un côté les prisonniers qui sont nourris (une des meilleures cantines dans les prisons US), logés, blanchis et suivis médicalement mais qui vivent une réclusion très très difficile : les cellules sont petites, San Francisco n’est qu’à quelques mètres d’eux (un vrai supplice de voir la liberté de si près), la routine et la monotonie sont les armes employées par les gardes, les prisonniers se comportant bien passent jusqu’à 23 h dans leurs cellules, les sorties dans la cour et la lecture sont des privilèges !!! Il ne fait pas bon être prisonnier à Alcatraz. Et si vous ne vous tenez pas à carreau, direction le bloc D c'est-à-dire le quartier d’isolement : une cellule sans lumière pendant plusieurs jours (sympa non ? surtout quand on vous raconte que le prisonnier s’occupe en jetant un de ses boutons en l’air et s’amuse à le chercher à tâtons pour faire passer le temps !!)
De l’autre côté, les gardiens et leurs familles (enfants compris) qui vivent sur l’île également. Les enfants racontent que la vie sur l’île est idyllique : une vue magnifique sur San Francisco, un calme impressionnant, un tour en bateau pour aller et revenir de l’école. Les familles ne ferment même pas leurs portes à clé alors qu’à 200 mètres d’eux vivent les plus dangereux criminels qui soit !! Mais la sécurité est tellement maximum que les familles peuvent se détendre en dansant, en jouant au bowling, …
Deux mondes qui s’opposent : un côté sombre où les loisirs et le soleil n’existe pas et de l’autre un côté lumineux à souhait où tout n’est que rire et amusement. Dans ces conditions, pas étonnant que de nombreux détenus ont tenté de s’échapper … sans succès. Le fait le plus marquant : 3 prisonniers ont creusé avec une cuillère un trou dans le béton de leur cellule au niveau de la ventilation. Ça leur a pris un an !! On ne les a pas retrouvés : sont-ils morts en essayant de rejoindre San Francisco à la nage. Fort probable, l’eau est tellement froide et les courants si forts que la traversée est impossible. Quand on vous dit que l’on ne s’échappe pas d’Alcatraz !!!
Après plus de 3 heures passées sur l’île et avoir vu en long, en large et travers les conditions de subsistance des détenus, nous décidons de rentrer en ville et de ne pas élire domicile sur l’île (on se demande pourquoi ?)
Un hamburger et c’est reparti pour notre découverte des autres lieux très spéciaux de San Francisco. Après la prison, direction japantown, cité des japonais comme son nom l’indique. Ballade sympa mais pas vraiment dépaysante. Sur ce, nous partons vers Castro, le quartier gay de San Francisco. Au programme, drapeau multicolore, boutiques pour hommes qui aiment les hommes, une ambiance très sympa dans les rues. La visite est de courte durée, le quartier est vraiment très réduit.
Pour continuer dans notre découverte des lieux insolites, direction Ashburry, lieu de prédilection des hippies. Et bien les hippies ne sont pas morts !! Les boutiques sont peintes en rose, bleu, vert, les vitrines sont pleines d’un fourbie incomparable (une oie y perdrait ses petits), de couleurs bariolées et les rues sont pleines de paumés (qui ont forcé sur le joint ou la bouteille) ou de fashion victim d’un autre temps. Et au milieu de tout ça, des splendides façades victoriennes !!! Un méli mélo très très drôle à voir. Une expérience incomparable à faire obligatoirement. C’est un grand foutoir multicolore !!
Là-dessus, nous prenons de la hauteur et allons vers le Alamo square d’où nous avons une vue superbe sur la ville. Au coin du square, plusieurs maisons accolées qui ressemblent à s’y méprendre aux maisons du générique de la série « la fête à la maison » que l’on regardé quand on était gamins. Vu que la famille Tanner de la série vivait à San Francisco, il y a effectivement une chance que ce soient les fameuses maisons du générique. Dingue !!!
Après une journée haute en couleur, retour à l’hôtel pour préparer les valises (histoire de voir si on arrive à tout faire rentrer ou s’il faut acheter une nouvelle valise). Petit repas mexicain (jamais deux sans trois) à base de tacos et pizza mexicaine et c’est parti pour un gros dodo.
Impression du jour : Le site d’Alcatraz est une visite incontournable à réaliser : on sent vraiment l’ambiance, les conditions de vie, l’organisation de la prison. La visite est extrêmement bien faite et très bien documentée. Une expérience encore très instructive mais qui fait froid dans le dos quand on ne connait pas (fort heureusement) le monde carcéral. Pour les autres quartiers de San Francisco, visiter le quartier gay est sympa mais sans plus. Par contre, le quartier hippie est un endroit génial où il fait bon passer du temps en découvrant les vitrines. Les maisons sont toujours aussi belles et prendre les pentes abruptes de la ville est toujours aussi impressionnant.